Les Seigneurs de La Ferté-Vidame avant les Saint-Simon :
Aperçus tirés du chartrier du Mémorialiste

Paru dans Bulletin Municipal de La Ferté-Vidame (1988, p. 11-16)

L'ensemble des domaines appartenant au mémorialiste Louis, duc de Saint-Simon ayant été vendu après sa mort par sa petite-fille, Marie-Christine-Chrétienne de Saint-Simon, comtesse de Valentinois, on sait que le comté de la Ferté-Vidame, la seigneurie de Beaussart et le Vidamé de Chartres furent acquis par le financier Jean-Joseph de Laborde, le 21 juin 1764, puis rétrocédés pour l'énorme somme de 5 500 000 livres, en 1784, au duc de Penthièvre, fils du comte de Toulouse, bâtard de Louis XIV. Suivant l'usage, les titres et papiers ayant trait à ces propriétés furent remis aux acquéreurs ; c'est ce qui invitait à suivre le fil d'Ariane généalogique qui, passant de Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, héritière de cette branche légitimée de la maison royale, conduisant à son fils, le duc d'Orléans, devenu le roi Louis-Philippe (lequel, renonçant à restaurer la bâtisse ruinée qu'avait fait somptueusement édifier le financier Laborde à la place du château des Saint-Simon, se contentera d'aménager les communs ou « petit château »).

De fait a été préservé un ensemble considérable de documents venant du chartrier des Orléans, pour former les Archives de la Maison de France, actuellement mises en dépôt aux Archives Nationales, Fonds privés, série 300 AP-1, 669-684, pour ce qui a trait aux seuls cartons relatifs à la Ferté-Vidame. Au cours de l'investigation qu'il nous a été donné de pouvoir entreprendre, grâce à l'obligeant accord de la Fondation Saint-Louis, à laquelle ira toute notre gratitude, il a été possible d'identifier pour la première fois un certain nombre de pièces émanant du chartrier des Saint-Simon ; si certains faisaient partie des archives parisiennes du mémorialiste, les feuillets et parchemins les plus anciens proviennent du chartrier du château de la Ferté-Vidame.

Pour ainsi dire passé sous silence, cet ensemble, dont rien n'avait encore été mis à jour, avait cependant fait l'objet d'une mention lors de l'inventaire après décès du duc, dressé sur place en avril 1755, en complément de l'inventaire parisien (1). Pour la vacation 22, du 10 avril, en effet, il est notifié que : « du chartrier des papiers de la Ferté, desquels papiers il en a été distrait des comptes de régie de ladite terre et pièces justificatives de la dépense d'iceux, pour être emportés à Paris, et joints aux papiers qui sont sous les scéllés de Paris, et que le surplus desdits papiers dudit chartrier, qui sont des foys et hommages, aveux et dénombrements, déclarations, terriers, baillettes, minutes de notaires et de greffe, et d'autres anciens titres de propriété de ladite terre, ont été laissés dans ledit chartrier, dont la clé... a été rendue au sieur Girot », tabellion local.

On doit encore au procès-verbal du commissaire au Châtelet, le sieur Grimperel, conservé aux Archives Nationales (2), de pouvoir indiquer que le chartrier proprement dit se trouvait dans une salle de la « Grosse Tour » ; cette tour est parfaitement apparente sur les vues aquarellées qui représentent le château et sont dues au talent de Van Blarenberghe. On rappellera que de la suite des six qu'exécuta cet artiste, deux ont trait à l'église de la Ferté (avec l'allée conduisant au château) et aux communs, les quatre autres donnant l'aspect de chacune des façades du château lui-même ; celle qui montre la grosse tour, avec pont-levis (3), est actuellement conservée au Museum of fine Arts de Boston, avec celle qui correspond à la façade arrière du bâtiment(4). Sur cette dernière, à l'extrême droite, sont reconnaissables les communs, dont on sait qu'ils recélaient une partie des papiers de régie et de gestion du domaine, adjoints aux différents papiers d'affaires emportés à Paris en avril 1755 (5).

Talbot, capitaine des château et chasses du duc depuis 1746, appelé à surveiller le domaine, et en étroite relation avec la direction des créanciers parisiens de Saint-Simon, ne devait-il pas faire état de réfections urgentes à faire, en décembre 1752, « pour empêcher l'eau de pénétrer au travers des colombages du cabinet des papiers de la maison des écuries, où loge M. Hachette », receveur du domaines (6).

L'allusion à ces communs permet de préciser qu'ils furent édifiés sous la Régence, comme le laissaient supposer les Mémoires (7), puisque c'est le duc Louis de Saint-Simon qui :  « a fait bâtir en 1718 le petit château de la Ferté », ainsi que le mentionne un précieux état chronologique manuscrit des Archives de la Maison de France, la datation du bâtiment n'ayant pas été déterminée jusqu'ici (8).

Elaboré du temps de Jean-Joseph de Laborde qui eut la notable satisfaction de faire insérer son nom après ceux des Saint-Simon, ce même « Ordre chronologique des seigneurs de la Ferté-Vidame et du Vidamé de Chartres » apporte un utile éclairage pour la consultation des vénérables titres du carton 300 AP-1, 669, qui proviennent assurément du chartier Fertois, et dont on voudra bien trouver ci-après le dépouillement sommaire, pour autant qu'ils projettent quelques lueurs nouvelles sur l'histoire de la Ferté-Vidame, à laquelle s'est trouvée rattachée celle du fief de Beaussart, localité qui correspond actuellement à Boussart, près de Senonches (9). En dépit de l'aridité d'un tel inventaire, on comprendra l'importance de tels parchemins, plusieurs fois porteurs de signatures royales, qui font partie intégrante de la mémoire de la cité à travers le Moyen-âge et la Renaissance.

Partant, c'est suivre la destinée de deux maisons, l'une détachée du rameau des seigneurs de Beu de la branche capétienne des comtes de Dreux, issu du roi Louis VI le Gros, et devenue celle des seigneurs de Beaussart (10), l'autre, celle de l'antique maison de Vendôme, dont les représentants déjà des vidames de Chartres (11), deviendront seigneurs de la Ferté vers 1374, puis seigneurs de Beaussart à leur tour, du fait de la cession de 1514. Les fils arachnoïdes de la généalogie nous ont permis d'établir des liens étroits entre les deux familles, ainsi qu'un tableau figuré permet de le voir « d'un seul coup d'œil » comme le disait lui-même le duc de Saint-Simon, fort attaché à ces représentations schématiques. Sauf à constater que l'ensemble des domaines de Senonches, de Beaussart et de la puissante seigneurie de Châteauneuf en Thimerais passa aux mains de Jean de Dreux, du fait de son mariage avec l'héritière en 1331, on se bornera à évoquer tout d'abord les seigneurs de Beaussart issus d'Etienne, fils des précédents, qui aurait cédé le fief de la Ferté à son parent Robert de Vendôme, en suivant chronologiquement les parchemins du chartier de Saint-Simon qui ont survécu aux aléas de l'histoire :
- 27 juillet 1398 : vente pour Jean Braque à Simon de Dreux (12), seigneur de Beaussart des domaines et fiefs provenant de la succession de son père Nicolas Braue, ancien conseiller du roi Charles V (13). Pièce annexe de 1356 relative à la vente par Gilles Sequart à Nicolas Braque du Bois-des-Landes et du fief de Buisson-Béranger, Paroisse de Senonches.
- 3 octobre 1432 : don du roi Charles VII à Robert de Dreux de la succession de son oncle Simon de Dreux, seigneur de Beaussart, lors décédé, dont les biens furent confisqués pour rébellion (14).
- 8 octobre 1432 : confirmation du don royal par le duc Jean d'Alençon, auquel était hommage, foy et aveu du fait de la seigneurie de Châteauneuf pour Beaussart et une portion du fief de Senonches (15).
- dernier juillet 1439 : nouvelle confirmation du don par le roi Charles VII.
- 15 septembre 1457 : donation de la terre de Beaussart par Robert de Dreux à son fils Jean (16).
- 18 octobre 1459 : vente de terre par Jean de Vendôme, seigneur de la Ferté, vidame de Chartres, à Jean de Dreux, seigneur de Beaussart (17).
- Parchemin double in-folio, sceau, ou contrat d'acquisition, passé à Chartres, le 23 janvier 1514 (18), de la terre de Beaussart cédée par Jacques de Dreux (frère de Jean qui précède) à Louis de Graville, amiral de France, pour Louis et Louise de Vendôme, héritiers de Jacques de Vendôme, leur père, seigneur de la Ferté-Vidame (19), dont il était tuteur. En effet la rente de 200 livres promise à Jean de Vendôme (père de Jacques) par son contrat de mariage, du 22 octobre 1459, avec Jeanne de Brézé, à lui assignée par Louis de Brézé(20) et Catherine de Dreux (21), n'ayant pas été versée, et faute de paiement des arrérages, l'amiral de Graville contraignit Jacques de Dreux, oncle et héritier de Catherine de Dreux, précitée, dame de Beaussart, à lui vendre son fief pour s'acquitter, à charge d'usufruit, donc jusqu'à son décès, survenu vers 1519.

Héritier des vidames de Chartres de la maison de Vendôme, prince de Chabannais, seigneur de la Ferté-Ernault (22) ou la Ferté-Vidame, et seigneur de Beaussart, fils de Jacques, le Grand Maître des Eaux et Forêts (23), né en 1448 et mort le 23 août 1526, Louis de Vendôme sera ambassadeur à Constantinople et épousera Hélène Gouffier, fille du Grand Maître de France (24). De son fils unique, si fastueux, nommé François, le duc de Saint-Simon possédait un portrait, « peint sur bois », en son hôtel parisien (25) ; il mourut sans postérité de Jeanne d'Estissac (26) en 1562 ; son héritage fut recueilli par les enfants de sa tante paternelle, Louise de Vendôme, mariée à François de Ferrières, seigneur de Maligny.

Cette succession donna lieu à d'âpres disputes entre les intéressés, Béraude de Ferrières, épouse de Jean de la Fin (27), ayant tout tenté pour déposséder son frère, Jean de Ferrières, déjà en butte à maintes persécutions eu égard à la dureté de temps constamment troublés par les guerres de Religion, les seigneurs de la Ferté ayant opté pour le parti huguenot ; les poursuites des créanciers ajoutaient encore aux difficultés qu'avivaient en permanence les dissensions familiales et c'est ce qu'il appert des nombreusses pièces de l'ancien chartrier fertois :
- 27 février 1560 : sentence qui autorise par justice Béraude de Ferrières à prendre et appréhender la succession de François de Vendôme (3 exemplaires dont une copie exécutée et contrôlée à la Ferté le 12 avril 1694, sans doute à l'occasion de la succession en cours du duc Claude de Saint-Simon).
- arrêt du Parlement du 20 mars 1562 condamnant Béraude de Ferrières à payer à Louise d'Estissac, veuve de François de Vendôme, et pour arrérages de son douaire, et à la laisser jouir d'une somme de 3500 livres de rente à prendre sur la terre et seigneurie de la Ferté.
- brevet du 28 décembre 1563 comprenant Jean de Ferrières et Jean de la Fin, son beau-frère, dans l'édit de pacification du 19 mars 1563, avec mainlevée de la saisie de leurs biens.
- procuration du 14 avril 1564, donnée par Jean de Ferrières.
- 3 mai 1566 : protestations de Jean de Ferrières contre le contrat de transaction et de partage qu'il est dans la nécessité de passer avec Béraude de Ferrières, sa sœur, épouse de Jean de la Fin, seigneur de Beauvoir, à cause des violences desdits, qui détiennent injustement tous ses biens et notamment le château de la Ferté depuis le temps des troubles.
- 4 mai 1566 : transaction sur parchemin entre Jean de Ferrières et Jean de la Fin, fondé de procuration de Béraude son épouse, pour la succession de leurs parents, François de Ferrières et Louise de Vendôme, elle-même héritière de François de Vendôme, leur cousin germain. Cession à Béraude de la châtellenie de Maligny.
- requête à Jeanne d'Albret, reine de Navarre (28), par Jean de Ferrières « à ce qu'il lui plaise de supplier le Roy, son cousin, en considération de la paix, d'ordonner à M. le Cardinal de Bourbon, de ne pas s'immiscer en la terre de Graville, lui venant de son bisaïeul l'amiral, pour en laisser jouir paisiblement le suppliant ».
- 18 janvier 1572 : commandement fait à Béraude et à Jean de Ferrières vidame de Chartres, d'acquitter les rentes dues par le feu François de Vendôme, dont ils sont héritiers.
- 12 février 1572 : cession faite à Jean de Ferrières, par les commissaires établis à la Ferté de tous leurs droits contre les fermiers et adjudicateurs du revenu du domaine, pour qu'il en soit payé, attendu la main levée qu'il a obtenue de la saisie de ses biens (belle signature : « J. Ferrières, du seigneur de la Ferté).
- requête présentée à la Cour par Béraude de Ferrières contre son frère Jean, du 31 mars 1572.
- 22 novembre 1572 : certification des criées du château de la Ferté, saisi de nouveau sur Jean de Ferrières.
- arrêt du Parlement du 3 décembre 1572 ordonnant l'exécution de l'arrêt du 20 mars 1562 pour indemnisation de Louis d'Estissac, du fait de Jeanne, veuve de François de Vendôme.
- quittance de 1575, avec une rare signature de Jean de la Fin, qui signe cependant  « Prejan de Lafin », comme son fils. Dans la liasse figure encore un testament donné comme le sien, en date du 26 septembre 1567.
- 14 juin 1578 : arrêt d'interdiction de Jean de Ferrières tant à Beaussart qu'à la Ferté, obtenue par sa sœur (avec publications de l'arrêt en date des 15 et 18 septembre 1578).
- 28 juin 1579 : reprise de possession de la châtellenie de la Ferté par le fondé de pouvoir de Jean de Ferrières, inventaire des grains, vins, fourrage, meubles, papiers et titres du château.
- Etat des biens de M. le Vidame et de ce qui en est advenu depuis le décès de François de Vendôme.
- arrêt du Parlement du 5 septembre 1579, sur la requête de Jean de Ferrières qui remet le suppliant en tel état qu'il était avant les troubles, c'est-à-dire en situation de curatelle.
- 10 mars 1580 : arrêt du Parlement qui ordonne que les biens de la succession du défunt François de Vendôme seront de nouveau saisis en la main du Roi et de nouveaux commissaires établis pour en gérer les revenus et acquitter les dettes.
- 6 mai 1580 : sauvegarde accordée par le roi Henri III à Jean de Ferrières, Vidame de Chartres, sauf à lui à se maintenir sous l'obéissance de sa Majesté, et en l'observation de son dernier édit de pacification (avec signature royale « Henri »).
- remontrances faites au roi de Navarre (futur Henri VI) par Jean de Ferrières à son arrivée à Nérac, contre les violences de son beau-frère, dont l'action en curatelle contre lui avait été interrompue par les troubles de la Saint-Barthélémy, puis renouvelée au retour dudit Vidame en 1579, en vertu d'arrêts obtenus par le sieur de la Fin, par grande tricherie, contre lui.
- nouvelle saisie des châtellenies de la Ferté et de Beaussart, par le bailli de Chartres, à la requête du lieutenant de roi au bailliage, des 1 et 3 octobre 1586.
- 5 décembre 1589 : arrêt de la Cour des Aydes qui ordonne qu'un bail judiciaire sera fait de la seigneurie de la Ferté pour 3 ans.
- 21 mars 1592 : inventaire fait par le bailli de Beaussart des biens membles demeurés à la succession de Jean de Ferrières au château de la Ferté-Vidame.
- 24 mars 1592 : enterrinement des lettres de bénéfice et d'inventaire obtenues par Béraude de Ferrières, dame de la Fin, pour se dire héritière de Jean de Ferrières (dont confirmation par Lettres royales du 27 août 1599).
- Lettres patentes données par Henri IV, à Troyes, 27 mai 1597, en faveur de Béraude de Ferrières, par lesquelles Sa Majesté casse et annule les procédures de la Cour des Aydes, avec évocation de sa cause à la Grand Chambre.
- mars 1600 : opposition de Béraude de Ferrières aux nouvelles criées des terres de Beaussart et de la Ferté, hypothéquées et grevées de dettes, pendantes de la succession des vidames antérieurs.

A suivre les notes qui accompagnent le fort précieux « Ordre chronologique », il ressort que le malchanceux Jean de Ferrières :
« n'a cessé pendant toute sa vie (29) d'être persécuté par sa sœur et son beau-frère, dans la vue d'avoir ses biens. Ils l'ont fait enfermer à plusieurs reprises dans son château de la Ferté ou ont maltraité ses vassaux. Ils ont voulu le faire enfermer à la Bastille, puis après l'ont tenu incarcéré. II s'échappa pour aller trouver le roi de Navarre, futur Henri IV, auquel il vendit ses terres moyennant 300 000 livres, qui ne lui furent point payées. Pendant son absence le sieur de la Fin, son beau-frère, se fit de nouveau curateur de ses biens, dont il ne voulut point rendre compte ; cependant il y fut contraint par arrêté du Parlement entre les mains de ses commissaires, en 1584. On eut toutes les peines du monde à l'y obliger. Henri IV, devenu roi de France, résilia le contrat de vente dont il n'avait pas encore payé le prix et rendit à Jean de Ferrières toutes ses terres, dont il n'avait pu jouir lui-même à cause des troubles du temps.

Dieu punit les de la Fin pendant leur vie de leurs mauvais procédés. Ils furent vivement poursuivis par leurs créanciers, obligés de se cacher dans leur château de la Ferté, et dans d'autres endroits, sans oser paraître. Ils ne jouirent pas autant de temps qu'ils auraient désiré du fruit de leurs persécutions ; le mari décéda en 1601 et sa femme fut brûlée vive dans son château, en sa chambre, par un incendiaire. Leurs fils Préjan de la Fin, fut un des amis d'Henri IV qui l'envoya à Rome avec le duc de Nemours, son neveu ».

En dépit de la protection royale, qui lui valut les dons dont on trouve l'énumération dans le document du 19 mai 1598, indépendamment de l'octroi de différents biens confisqués, du 12 mai 1592, qui porte la signature de Henri IV, et malgré des oppositions qu'il renouvellera encore en septembre 1622, Préjan de la Fin, sera sans cesse l'objet des poursuites des créanciers de ses prédécesseurs ; commencées dès 1602, les procédures devaient conduire à des baux judiciaires en 1608, puis aux criées pour vente et adjudication des terres de Beaussart et de la Ferté (30).

Anne de Montafié, comtesse de Bourbon-Soissons, principale créancière, cédera ses droits à Claude de Saint-Simon, son proche cousin, lequel deviendra propriétaire effectif en avril 1632. Les différents inventaires de ses titres et papiers qui nous ont été conservés font état d'une masse de papiers ayant trait aux embarras financiers des anciens Vidames, ses prédécesseurs. Avec une part de ses titres personnels, on en trouve trace dans les Archives de la Maison de France, en cet autre carton 300 AP-1, 670, dont le dépouillement appelle un descriptif complémentaire de celui des anciens seigneurs de la Ferté.

Sauf à le poursuivre en ces archives qui jalonnent l'histoire, du père du mémorialiste au grand-père du roi Louis-Philippe, en leur domaine de la Ferté-Vidame, peut-être est-il permis de dire, en songeant aux vicissitudes des anciens seigneurs de la Ferté, et à celles non moins assurées de leurs vassaux, tout en pastichant la poésie que Florian devait dédier au vertueux petit-fils de Louis XIV :

« Saint-Simon vint après ; Saint-Simon nom fameux! Enfin de ces beaux lieux Penthièvre est possesseur. D'avoir changé de maître, Eh quoi ! Vous plaindrez-vous ? ».

F. FORMEL
Co-Fondateur de la Société Saint-Simon